L’histoire et l’évolution du mouvement artistique au Soudan

 

Le Soudan est un des plus grand pays arabo-africains. A travers l’histoire, ce pays représente un berceau et un carrefour de plusieurs civilisations et cultures, telles les civilisations nubienne, chrétienne, puis l’arabo-musulmane. Grâce à sa position, le Soudan a connu très tôt les civilisations et les cultures qui l’entourent. Le soudanais actuel est le fruit du mélange des deux civilisations arabo-musulmane et africaine. Le fleuve du Nil qui coule tout au long du Soudan a joué un rôle important dans l’évolution des deux civilisations nubienne et pharaonique. C’est grâce à ce fleuve que les connaissances et les réalisations de cette civilisation se sont coulées avec le Nil vers l’Egypte.

            Le début du mouvement artistique au Soudan est lié au système de l’éducation introduit par la colonisation anglaise au début des années trente. La faculté des Beaux Arts actuelle, avec tous ces départements de peinture, de sculpture, de céramique, de calligraphie, du design, de textile et d’études sociales,   est l’ancien School of Design fondé par les anglais en 1946. Le style adopté dans cette faculté est influencé par le style occidental (anglais) et les pionniers des Arts Plastiques et les fondateurs des écoles artistiques au Soudan sont des anciens boursiers des facultés anglaises.  

Puis la deuxième génération de ces boursiers a découvert la différence entre les deux  vies, soudanaise et européenne. Ils ont alors essayé d’adapter ce qu’ils ont apprit à ce qu’ils vivaient dans leur pays. Ils ont créé l’Ecole de Khartoum : un mouvement artistique qui s’intéresse à la calligraphie arabe, à l’arabesque et au patrimoine local. La lettre arabe a été la base de toutes les œuvres des membres de cette école, tout en s’inspirant des civilisations européennes et africaines en même temps.

Khartoum a connu aussi l’art des cafés ; des peintres qui ont illustré le goût lyrique et poétique soudanais. Ils ont essayé de présenter la beauté de la femme soudanaise malgré les interdictions sociales dans cette époque-là. Cette sorte d’art est née après la défaite du Mahdi, les gens étaient déprimés, ils n’avaient ni de force ni d’envi pour lutter, ils ont choisi pour thème la femme et son univers.

L’Ecole de Khartoum a continué à dominer, comme une école de recherches artistiques, dans les œuvres des diplômes de la faculté des Beaux Arts. Mais en même temps ces artistes ont eu tendance à créer un cadre théorique et appliqué de l’esthétique islamique arabo-africaine, s’inspirant de la pensée du soufisme islamique.  Ahmed Abd-el-Aal, était un de ces peintres. Paris et Beyrouth ont connu plusieurs de ces expositions et de ces débats. Il a fondé l’Ecole de l’Un qui exprime la vision esthétique monothéiste, après son retour de Paris où il a passé six ans et où il a eu le doctorat sur « les principes esthétiques de l’islam, étude sur la pensée d’Ibn Arabi ». Selon cette école, la création artistique contemporaine n’a pas de valeur s’il n’a pas de repaire de civilisation. Les fondateurs de cette école se lient au patrimoine arabo-musulmane en respectant l’identité et le patrimoine soudanais. Ils s’inspirent des écoles sophistes. En fait la diversité culturelle et religieuse au Soudan éveille l’esprit et le pousse à réagir de sorte à fédérer les gens malgré leur différence culturelle et ethnique.

Le mouvement artistique soudanais contemporain est très riche par ses voies intellectuelles et ses réalisations, car l’identité culturelle soudanaise est si flexible et reconnaît l’unité dans la diversité. Cette identité se reconnaît bien et estime, en même temps, l’existence de l’autre.

 

 

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